Poupées

Poupées

Jeu d'enfant, objet de décoration, emblème de mode et de coutumes, la poupée joue bien des rôles en société. Certains écrits la situent comme l'un des plus anciens jouets du monde. Les matières varient, en fonction des pays et des époques, mais sa forme reste souvent la même, celle d'une petite fille ou d'un poupon. Son nom lui vient d'ailleurs du latin "pupa" qui signifie "petite fille".

Objet d'identification pour les enfants, qui empruntent ainsi le temps d'un jeu de rôle des adultes, la poupée témoigne aussi de la société ou de l'époque à laquelle elle appartient. Selon les vêtements qu'elle porte ou la couleur de ses cheveux, elle est japonaise - telle une kokeshi traditionnelle, victorienne - généralement associée à une maison miniature, ou russe - l'incontournable matriochka ou poupée gigogne emblématique.

Les poupées françaises ne sont pas en reste et l'artisanat consacré à leur fabrication remonte au XVIe siècle. Les enfants de l'aristocratie sont les premiers à jouer avec ces modèles de bois et de chiffon, conçus ensuite en plâtre, en porcelaine ou en papier. Au cours du XXe siècle, on connaît notamment la poupée Bleuette, inspirée de l'ouvrage enfantin La semaine de Suzette, puis la poupée Bella d'après-guerre et la Corolle des années 1980. Outre-Atlantique, on ne peut pas négliger la suprématie de Barbie, qui joue plutôt sur le principe d'identification que sur celui de maternité. Cette fameuse blonde pulpeuse traverse les époques et évolue physiquement en fonction des canons de beauté - ce qui lui vaut régulièrement d'être critiquée. Dernière en date, mais non des moindres, la poupée Bratz, également américaine, qui conquiert le coeur des fillettes en un battement de cils peints.

Symbole enfantin, la poupée possède son versant diabolique, que le cinéma d'horreur ne se lasse pas d'exploiter. Avec Chucky (1988), une rouquine perfide, ou plus récemment Annabelle (2014) et son sinistre sourire, les réalisateurs s'en donnent à coeur joie pour puiser dans nos cauchemars d'enfance. Autre détournement, La Poupée d'Hans Bellmer (1935), une oeuvre d'art grandeur nature, qui évoque l'aspect sexuel et charnel de ce jouet devenu icône. Même idée chez plusieurs photographes américaines, notamment Mariel Clayton et Dina Goldstein, qui placent la poupée Barbie dans des situations du quotidien plus ou moins extrêmes. En 2015, la photographe française Catherine Théry invite la blonde mythique dans les oeuvres d'art les plus célèbres, la voilà en American Gothic chez Grant Wood ou en Liberté assassinée chez Jacques-Louis David. 

Plus évocatrice que jamais, la poupée investit tous les domaines, du jeu à l'art, sous nos yeux rêveurs et curieux. 

Source : Art thérapie

Ashley

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Photo qui appartient à Ashley.

 

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