Lolita

Lolita de Vladimir Nabokov

*Critique croisée : film et adaptations!* 
*Petite musique rétro-glauque* 
On est dans l'ambiance ? Nickel les chatous! 
On se retrouve aujourd'hui avec une critique qui m'a pris énormément de temps, car je vais vous parler d'un roman et de ses deux adaptations cinématographiques. 
On attaque donc... 
LOLITA:
*Roman de Vladimir Nabokov (1955) 
* Adaptation de Stanley Kubrick (1962)
* Adaptation d' Adrian Lyne (1997)
C'est parti? On embarque.
*Résumé/synopsis tiré du Wikipédia consacré au roman : 
Le livre se présente comme la longue confession de Humbert Humbert, rédigée en prison avant son procès pour meurtre. Humbert étant mort d'un infarctus quelques jours avant le début de son procès, le livre est censément publié en 1955 par un ami de l'avocat de Humbert, le Ph. D. John Ray Junior[Note 1] au motif de ses qualités littéraires mais aussi en tant que « document clinique » qui « prendra rang parmi les classiques de la psychiatrie». Les noms des protagonistes et des lieux sont censés avoir été changés, à l'exception notable de celui de l'héroïne éponyme dont « le prénom est trop étroitement intégré dans la fibre profonde de l'œuvre pour tolérer un changement ».
*Le roman : 
"Lolita... Lumière de ma vie. Feu de mon âme. Mon péché, mon âme. Lolita."
Si il fallait décrire ce roman en un mot, ça serait incontestablement "dérangeant". Pourtant, il s'agit de l'un de mes livres favoris, pour la simple raison qu'il est magnifiquement écrit et qu'il nous amène à nous poser pas mal de questions, telles que: Jusqu'où un être humain peut il aller par amour ? À quel point une passion dévorante peut gâcher une vie, des vies même ? Comment un traumatisme de jeunesse peut il influer sur notre vie d'adulte? Mais également parce qu'il traite aussi d'un de mes sujets préférés, un truc qui me passionne: la limite si ténue entre un esprit sain et un esprit malade. Comment une personne en apparence normale peut elle cacher un monstre? Le côté "double face" est un truc qui me fascine chez les humains. (On en reparlera) Et avec Humbert Humbert, le personnage principal et narrateur du roman, croyez moi on est servi! 
C'est bien sûr dans le livre que ce personnage est le plus creusé, on en apprend davantage sur son passé, sa vie avant Lolita. Ce qui l'aurait poussé vers sa passion malsaines pour les jeunes filles, pour les nymphettes. J'ai éprouvé tour à tour empathie et dégout pour Humbert. 
Le récit étant à la première personne, nous sommes immergés dans ses pensées les plus perverses, les plus tordues et malsaines, mais aussi dans son profond mal être. 
Lolita est un personnage douloureux qui évolue énormément au fil de l'œuvre. Jeune fille de douze ans fraîche et innocente mais brimée par une mère désagréable qui la rabaisse constament, Charlotte Haze est une femme frustrée, maniérée et naïve. Lolita, par la suite devient séductrice, elle singe les manières des adultes. Puis elle se brise. Se fane. Elle devient aussi manipulatrice et calculatrice sur son bourreau. Pour retrouver un équilibre des années plus tard.
Tout au long du roman, nous assistons donc à la descente aux enfers des deux protagonistes. 
De la paranoïa et la perversité grandissante de Humbert au mal être et au déséquilibre de Lolita.
C'est un roman choquant, sombre, scandaleux. Le style est volontairement lourd. Tout ça en fait un livre difficile à lire mais qui en vaut vraiment la peine. Un classique, en somme.
*Adaptation de Stanley Kubrick (1962) 
En un mot comme en cent: je me suis emmerdée comme un rat mort. 
Il faut direbqu j'en attendais énormément de ce film, de part la réputation du réalisateur (Shinning et Orange mécanique, entre autres). On s'attend à du scandaleux, à avoir les tripes remuées : il n'en est rien. On se retrouve avec une adaptation terriblement édulcorée, des personnages sans reliefs, des dialogues creux... Une Lolita (Sue Lyon) qui m'a laissée totalement indifférente, et un Humbert (James Mason) à mon sens dénué de charisme. Seul point positif : la mère de Lolita, Charlotte Haze, jouée par Shelley Winters (Madame Gogan dans Peter et Eliott le dragon) réussi à reproduire à la perfection la femme exaspérante et trop maniérée du roman. 
Déception pour ce film d'autant plus grande que Vladimir Nabokov à participé à la réalisation du film en écrivant un scénario dont Kubrick se servira en partie.
À mon sens, on ne retrouve pas l'ambiance pesante et dramatique du roman. 
Kubrick lui même aura été déçu. Il a déclaré que si il avait su que la censure allait autant amputer son œuvre, jamais il n'aurait réalisé ce film.
*Adaptation d'Adrian Lyne (1997)
Après avoir visionné l'adaptation de Kubrick, j'avais une certaine appréhension vis à vis de celle ci, d'autant plus qu'elle avait été littéralement incendiée par la presse !
Et puis finalement... Révélation. 
Voilà exactement l'adaptation que j'attendais. Une atmosphère pesante, malaisante, mais finalement l'explication de la perversité de Humbert, joué par Jeremy Irons. Une immersion dans son esprit grâce à une voix off parfaitement dosée. Une Lolita (Dominique Swain) aussi complexe, ambivalente et pleine de souffrance que dans l'œuvre originale... Scandale, perversion, drame, tout y est. Je l'ai visionné plusieurs fois, tout comme j'ai lu le roman plusieurs fois. Et je suis incapable de comprendre pourquoi la presse l'a autant descendu. Il est nettement plus proche du roman que la précédente adaptation. La réplique : 
"-Chic, ce lit a des doigts magiques! 
-Mes doigts magiques te suffisent pas?" 
Me fait hurler de rire à chaque fois.
Jeremy Irons joue merveilleusement bien l'immonde pervers manipulateur parano, Dominique Swain est fantastique dans son rôle de nymphette qui devient malgré elle la source de fantasme dun malade, puis fine stratège en parvenant à tirer profit de cette situation dramatique... 
C'est donc sans hésiter que je vous conseille de vous tourner vers ce film si vous voulez découvrir l'histoire sans forcément lire le livre.
*Pour conclure : 
Lolita est un roman terriblement compliqué à adapter, pour des raisons légales : il ne s'agit pas de faire une apologie de la pédophilie ! La censure frappé inévitablement. De plus, l'écriture à la première personne, le fait que les dialogues et les descriptions soient peu présentes , ne facilite pas vraiment les choses pour une adaptation sur écran.
C'est un roman que je conseille vivement, à condition d'avoir le coeur accroché. Autrement, l'adaptation de Lyne vous en donnera un excellent appercu . 
Bonne lecture/bon visionnage ! 
Bisous les chatous 

#Tessa

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